Parler chinois
Ce n'est pas impossible de très bien parler chinois !
Un mot peut dire une chose en chinois et deux choses en francais.
C’est parfois vice-versa et c’est comme ça.
La question, c’est de juger ou non de ces différences.
J’ai souvent pris sur ce blog l’exemple de 羊, caractère chinois qui dessine un drôle d’animal, à la fois chèvre et mouton. Voir un passage à la radio , un billet étymologique , et l'histoire du vilain petit mouton noir.
Ma première réaction a été de penser : sur ce point là, les chinois ont manqué de discernement. N’y attachant que peu d’importance, ils n’ont pas fait l’effort de différencier deux animaux qui pour nous sont deux catégories bien distinctes.
Alors j’ai regardé wikipedia qui m'a dit qu'ils faisaient tous partie de la famille des caprinaes, mais que les moutons ont 54 chromosomes, alors que les chèvres en ont 60.
Et j’ai trouvé des photos de moutons qui ressemblent à des chèvres, et des photos de chèvres qui ressemblent à des moutons.

Moutons "barbados blackbelly" Chèvre Mohair
Une vieille certitude est tombée pour moi : Par une forme de grossièreté, la langue chinoise n’aurait pas distingué Chèvre et Moutons, alors que la langue francaise aurait, elle, bien « vu » la différence. Que nenni ! N'est ce pas plutôt la langue française qui a voulu distinguer à outrance ? On se souvient du cheval blanc qui n'est pas cheval.
Mais j’ai gagné une intuition : les différences de champs sémantiques, les différentes manières dont les langues découpent le réel qui nous entoure ne peuvent nous conduire à juger d’une concision ou d’une acuité du regard ; deux choses parfaitement subjectives.
Je me suis longtemps demandé quelle langue, entre le francais et le chinois, était la plus concise. Mais j’arrête de me poser cette question qui n’a, je crois, aucun sens.
Dans un court passage à la radio, je disais que les sens différents des mots en francais et en chinois me passionnaient.
En voici un bel exemple. En ce moment nous traduisons collectivement une pièce de théâtre (dou e yuan) qui n'a jamais été traduite en francais.
T
ombant sur le caractère 兀 wu4 , j'ai cherché à en comprendre l'étymologie mais je me suis perdu, avec de brillants étymologistes, dans un dédale incompréhensible. On y parlait de tabouret, de détermination, d'amputation des pieds, de cousinage avec le mot "primaire" 元 ou avec le composant du piédestal 丌.
Alors j'ai regardé le dictionnaire Ricci qui donne souvent les sens d'un caractère par ordre historique, par ordre d'apparition à l'écran.
le sens d'origine de 兀 serait "élevé et terminé à la partie supérieure par une surface plane. Haut plateau. " On voit bien ce sens par la formation du caractère : un trait horizontal comme posé sur un support.
Les premiers sens auraient été :
1 haut, élevé, abrupt
2 mutilé (criminel amputé des pieds)
3 partie euphon. d'usage fréquent dans le théâtre de la dynastie Yuan
4 fou, qui a perdu la raison, dans un état second
5 inquiet, anxieux
6 immobile, inébranlable
7 remuer, bouger. balloté.
Si quelqu'un arrive à retenir tous ces sens simultanément je veux bien connaître son procédé.
Si quelqu'un arrive à ne pas buter sur les problèmes logiques (entre les sens 4 & 5 & 7 et le sens 6 par exemple), je suis preneur.
Je me sens aujourd'hui un peu comme ces vieilles dames dans les dessins de Faizant

Ben voilà, j'en étais sûre.
Voyez-vous M'ame Moisans, comment c'est-y qu'on pourrait les retenir ces caractères ?
Quand on veut comprendre leur sens, vl'a-t-y pas qu'ils vous filent entre les doigts comme les anguilles au marché




Ces chaussures fort simples de fabrication et d'apparence recèlent un mystère pourtant profond. D'où viennent-elles ?
En Afrique francophone ont met ses "tapettes".
Les polonais (à l'esprit mal tourné?) renchérissent avec japonki , qui veut dire "femmes japonaises".



Commentaires récents
elle t
夕阳近黄昏,却是无限好
"Les cantonnais dévorent tous ce qui a