Joyeuse fête de la mi-automne ! C'était hier soir ; le ciel était un peu voilé à Paris.
C'est une fête importante, le 15 du 9e mois lunaire, lors de laquelle on veille en famille, récitant des poèmes sous la lune qui symbolise l'unité de la famille.

Alors voici encore un poème ; difficile à traduire, pour lequel Jade m'a encore énormément aidé.
C'est une oeuvre d'un fameux poète de la dynastie Song, Su Shi (je préfère son autre nom de Su Dongpo, qui permet de ne pas le confondre avec les sashimi ou autres yakitori)
水调歌头
明月几时有?把酒问青天。
不知天上宫阙,今夕是何年。
我欲乘风归去,又恐琼楼玉宇,高处不胜寒。
起舞弄清影,何似在人间?
转朱阁,低绮户,照无眠。
不应有恨,何事长向别时圆?
人有悲欢离合,月有阴晴圆缺,此事古难全。
但愿人长久,千里共婵娟。
Poème en style 水调歌头, composé en état d'ébriété (l'abus d'alcool est déconseillé de nos jours) par Su Dongpo un soir de mi-automne lors d'adieux à son frère.
Lune, depuis quand brilles-tu ? Et jusqu'à quand ? Un verre de vin à la main, je le demande au ciel pur.
Et en quelle année sont-ils là-haut, au palais des dieux ?
Je voudrais bien chevaucher le vent pour y aller, mais la peur d'être seul au froid palais de jade me retient.
Me mettant à danser, je joue avec mon ombre. Ne suis-je pas ici-bas aussi bien qu'au ciel ?
Le clair de lune se ballade le long des murs du pavillon orné de rouge, caressant la fenêtre décorée*, éclairant celui qui ne dort pas.
Oh lune ! il n'y a pas de haine entre nous ; alors pourquoi es-tu si ronde** et belle juste au moment de nos adieux ?
Les hommes alternent peines et joies, séparations et retrouvailles ;
La lune se montre tour à tour claire et obscure, ronde et incomplète. Il en a toujours été ainsi.
Ah ! Si seulement nous pouvions rester unis pour toujours, partageant à mille lieues l'un de l'autre la beauté de dame lune !
* Les fenêtres étaient faites de papier ou de tissu
** La lune ronde symbolise la perfection de la famille réunie.
Commentaires :
Le poème est dans un style de "chant" très précis, avec un rythme particulier impossible à retranscrire malheureusement. La sonorité du poème est magnifique. La traduction francaise est nécessairement plus verbeuse que le texte chinois (vous pouvez compter les mots pour voir ;-)
L'état d'esprit du poète a été très difficile à discerner, entre une certaine légèreté (alcool ; élan vers le ciel ; gentille familiarité avec la lune), et une claire tristesse à l'idée de devoir quitter son frère. Le sensible gangounet a eu une interprétation beaucoup plus joyeuse, voire euphorique, du même poème.
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Merci beaucoup de m'avoi