Monday 05 December 2005

Zhuangzi et le boucher suite

Ce post fait suite à celui du 25 novembre, sur le boucher Ding

En relisant le texte que j'ai posté sur mon blog je me rends compte que la traduction est incomplète ; il y manque le coeur du sujet : la description du travail du boucher. La voici :

Maintenant c'est mon esprit qui opère plus que mes yeux. Mes sens n'agissent plus, mais seulement mon esprit. Je connais la conformation naturelle du boeuf et ne m'attaque qu'aux interstices. Si je ne déteriore pas les veines, les artères, les muscles et les nerfs, à plus forte raison les grands os !

Un bon boucher use un couteau par an parce qu'il ne découpe que la chair. Un boucher ordinaire use un couteau par mois parce qu'il le brise sur les os. Le même couteau m'a servi depuis 19 ans. Il a dépecé plusieurs milliers de boeufs, et son tranchant paraît comme s'il était aiguisé de neuf.

Les jointures des os contiennent des insterstices, et le tranchant du couteau n'a pas d'épaisseur. Celui qui enfonce le tranchant très mince dans les interstices manie son couteau avec aisance parce qu'il opère à travers les endroits vides. C'est pourquoi je me suis servi de mon couteau depuis 19 ans, et son tranchant parait comme s'il était aiguisé de neuf.

Malgré cela , chaque fois que j'ai à trancher les jointures des os, je remarque les difficultés à résoudre, je prends toutes les précautions nécessaires, fixe mes regards et opère lentement. Je manie très doucement mon couteau et les jointures se séparent aussi aisément qu'on dépose de la terre sur le sol.

 

Posted by florent at 09:29:13 | Permanent Link | Comments (0) |
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