Sunday 23 December 2007

Frédéric Lenormand, le Château du lac Tchou-An 7/10


Il s'agit des nouvelles aventures du juge Ti, dans la droite lignée de ces merveilleuses enquêtes policières écrites par Robert Van Gulik, un de mes livres préférés sur la Chine.

Le juge Ti est donc de retour , sous la plume de Frederic Lenormand. Comme c'est un roman policier, je ne peux rien dévoiler de l'histoire.
Je me contenterai d'apprécier la grande qualité de construction de l'intrigue. Même si les détails pratiques sur ce qu'était la vie des chinois sous la dynastie Tang ne montrent pas la truculence ou l'érudition de M Van Gulik, le livre reste très agréable à lire, parfois drôle, avec un terrible suspense...
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Saturday 22 December 2007

Lao She : l'homme qui ne mentait jamais 4/10

Voici, après le célèbre tireur de pousse, un recueil de nouvelles du même auteur. Elles sont écrites dans les années trente, donc très marquées par le communisme grandissant et par les réflexions sur la modernisation de la Chine. Le visage livide et exsangue de la femme qui illustre la couverture est emblématique de cette Chine à genoux que Laoshe décrit.

Ce recueil paru chez Picquier publie certaines nouvelles pour la première fois en francais, avec une traduction de Claude Payen.

La première nouvelle, qui porte le titre du recueil (l'homme qui ne mentait jamais), dévoile un homme marié et père, engoncé dans un carcan moral qui l'empêche de vivre. Elle est assez touchante : comment rechercher l'intégrité sans se torturer soi même ?
On voit dans Un vieillard sentimental un homme qui, faisant à soixante ans le bilan de sa vie, décide enfin de s'affirmer.
Vieille tragédie pour temps modernes est la plus longue des nouvelles ; elle nous présente un homme déchiré entre son désir de s'enrichir et sa volonté de rester vertueux.
 
Plusieurs nouvelles m'ont semblé peu intéressantes, parce qu'elles avaient vieilli ou parce qu'elles manquaient de substance. La mort d'un chien donne tout simplement l'ordre au lecteur de se soulever contre l'envahisseur japonais.  Le nouvel Emile n'est qu'un pâle plagiat de Jean-Jacques Rousseau dans un environnement chinois. Ne parlons pas du nouvel Hamlet qui m'a déçu.

La nouvelle que j'ai préféré est Li le noir et Li le blanc. on y découvre la discorde entre deux frères. On sent toujours ce fonds révolutionnaire de lutte des classes dans le texte, mais il y a en début de texte une jolie opposition entre l'un des frères qui choisit la modernité, s'affirme et ambitionne une carrière, et l'autre frère qui reste dans la tradition, chargé du poids des ancêtres, de la fratrie, de la divination, et qui trouve refuge dans la religion chrétienne. La nouvelle décrit très joliment ces situations et les choix de vie des deux frères.
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Sunday 16 December 2007

Sumo, le vrai

Après avoir affiché ici une parodie du beach sumo, montrons ce qu'est cet art. A la télévision, je peux en regarder pendant une heure sans difficulté ; je trouve cela très beau vraiment. Je reconnais maintenant une partie des grands champions Yokozunas (sans toutefois connaître leurs noms). J'ai toujours une sympathie pour les quelques caucasiens (russes ou bulgares) qui s'y essaient, le plus souvent sans grand succès. J'aime bien aussi Hakuho, originaire de Mongolie, qui fait de très beaux matches.

Voici d'abord une vidéo de présentation (en anglais)

alt : http://www.youtube.com/v/UxhKb-zZoWE&rel=1
Et ensuite quelques combats mythiques à Tokyo.


alt : http://www.youtube.com/v/O5505IspF8c&rel=1
(j'aurais préféré sans la musique, mais les combats sont impressionnants)

Et enfin une vidéo de Asashuryuu, un dieu du Sumo, plus authentique.


alt : http://www.youtube.com/v/CEe-UIvftUg&rel=1
Quelle alliance de la force, de l'agilité, de l'intelligence de jeu !
Posted by florent at 13:02:10 | Permanent Link | Comments (0) |

Friday 14 December 2007

销 : Avoir le commerce dans le sang

On dit souvent que les chinois sont des commerçants-nés.

Voilà un caractère qui va l'illustrer : se prononce xiao1 et signifie deux choses :
- Faire fondre un métal (c'est l'élément de gauche, le métal , qui donne ici le sens)
- Vendre quelquechose, le faire partir, comme dans l'expression 促销 cu4xiao1 : littéralement "urgent-faire partir" ce qui signifie les soldes, ou bien dans l'expression "脱销 tuo1xiao1, littéralement "décoller-vendre", qui signifie "en rupture de stock")

Comment associer "faire fondre un métal" et "vendre" ?
Simplement en regardant les choses de manière liquide, naturelle...




Posted by florent at 19:34:29 | Permanent Link | Comments (1) |

Thursday 13 December 2007

Une nouvelle de Luxun : Le pays natal (Guxiang 故乡)

Voici encore, après Kong Yiji une traduction amateur de mon cru (avec les précieuses corrections de Jade ; merci jade !) pour une nouvelle du célèbre écrivain Luxun, qui cette fois traite du thème du pays natal.

Cette nouvelle très nostalgique m’a rappelé les récits de Marcel Pagnol, qui court la garrigue avec son copain Lagneau dans « le temps des amours ».


On remarquera dans le texte une référence de Luxun aux Français et à Napoléon …

(cliquer ici pour le texte en chinois)

Lu xun : Retour au pays natal (
故乡)


Par un froid de gueux, je suis revenu au pays natal, distant de mille lieues, pays que je n’avais pas revu depuis vingt ans.

Nous sommes au cœur de l’hiver, j’arrive bientôt au terme de mon voyage. Le temps est sombre et maussade, un vent glacial pénètre dans la cabine du bateau, mugissant, s’infiltrant par les fissures du  mur et s’enfuyant vers le ciel jaunâtre. Mon regard s’accroche ici ou là sur quelques villages désolés, sans signe de vie. Je n’arrive pas à supporter le spectacle de cette désolation. Ce village-ci,  ne serait-il pas justement mon village natal, dont mes souvenirs remontent à plus de vingt ans ?

Celui dont je me souviens était complètement différent. Mon village natal était vraiment mieux.  Mais quand je cherche à me rappeler sa beauté, à dire ce qu’il avait de bon, alors les impressions ne remontent pas, les mots ne viennent pas. J’en déduis que mon village était peut être finalement comme cela. J’en déduis que bien qu’il n’y ait eu aucun progrès, je ne dois pas nécessairement ressentir cette impression de misère, que c’est seulement mon cœur et mon regard qui ont changé en ce jour où je retrouve mon pays natal, qu’il n’y avait peut être à l’origine aucun émerveillement.

Aujourd’hui, je suis revenu pour
Posted by florent at 23:00:50 | Permanent Link | Comments (4) |

Une nouvelle de Luxun : Guxiang 故乡

Voici le texte chinois de la nouvelle de Luxun : 故乡
(pour la traduction francaise cliquer ici)

故乡
我冒了严寒,回到相隔二千余里,别了二十余年的故乡去。
  时候既然是深冬;渐近故乡时,天气又阴晦了,冷风吹进船舱中,呜呜的响,从蓬隙向外一望,苍黄的天底下,远近横着几个萧索的荒村,没有一些活气。我的心禁不住悲凉起来了。阿!这不是我二十年来时时记得的故乡?
  我所记得的故乡全不如此。我的故乡好得多了。但要我记起他的美丽,说出他的佳处来,却又没有影像,没有言辞了。仿佛也就如此。于是我自己解释说:故乡本也如此,——虽然没有进步,也未必有如我所感的悲凉,这只是我自己心情的改变罢了,因为我这次回乡,本没有什么好心绪。
Posted by florent at 22:58:11 | Permanent Link | Comments (0) |

Tuesday 11 December 2007

C'est du chinois

Le père jésuite Matteo Ricci écrivait il y a quatre siècles que :

" Je me suis appliqué à la langue chinoise et j'assure Votre Révérence que c'est une autre chose que le grec ou l'allemand (...)
La langue parlée est sujette à tant d'équivoques que beaucoup de sons signifient plus de mille choses et parfois il n'y a d'autre différence entre l'une et l'autre que de prononcer le son avec la voix plus élevée ou plus basse en quatre espèces de tons. C'est pourquoi, parfois, quand ils parlent entre eux, ils écrivent pour faire comprendre ce qu'ils veulent dire, car les choses sont différentes par l'écriture l'une de l'autre. Quant aux caractères, c'est une chose à laquelle on ne peut croire si on ne l'a pas vu ou expérimenté comme je l'ai fait. Il y a autant de lettres que de paroles et de choses (...) Leur manière d'écrire est plutôt une manière de peindre et c'est pourquoi ils écrivent avec un pinceau comme nos peintres. Il en découle cette utilité que toutes les nations qui ont cette écriture peuvent se comprendre au moyen des lettres et des livres bien que leurs langues soient très différentes. "
Posted by florent at 22:42:54 | Permanent Link | Comments (1) |

Saturday 08 December 2007

Jorasses

Pour faire une pause en ce gris hiver et après cette série de billets étymologiques, voici une photo de montagne ; c'est il y a quelques années.

Nous sommes avec Hilaire (à droite) en haut des grandes Jorasses. Nous sommes montés par la voie Italienne c'est à dire la voie facile ; mais la course a quand même duré vingt et une heures!




Cliquer sur la photo pour l'agrandir et voir ce bleu profond du ciel qu'on ne voit qu'en montagne.
Derrière nous ; c'est le Mont Blanc (monté avec ma femme).

Là haut, fatigue et bonheur...
Posted by florent at 18:42:20 | Permanent Link | Comments (0) |

灰 Gris-Cendre

se prononce hui1 ; il désigne à la fois la couleur "gris" et la "cendre".
On voit un feu et une main (déformée en 𠂇) qui le prend.
La cendre c'est un feu qu'on peut prendre à la main sans se brûler ; quelle belle illustration !




Voici un exemple de chengyu (proverbe en quatre caractères) que je trouve vraiment très joli :

 心灰意冷  

littéralement :
coeur / gris-cendre / intention / froide

  Avoir le coeur gris cendre et le désir refroidi 

 
On utilisera ce chengyu pour décrire l'état de quelqu'un : dépression ; découragement ; mélancolie.

(si un gentil visiteur connaît l'origine de ce chengyu cela m'intéresse !) 
(voir aussi le terme chinois pour la mélancolie:
youyu 憂鬱 / 忧郁 )
Posted by florent at 17:57:27 | Permanent Link | Comments (1) |

鹰[-鷹] l’aigle, le faucon

[]

On voit dans ce caractère les composants de la maison 广, de l’homme (), d’oiseaux à courte queue et de l’oiseau tout court ()

Il s’agit selon Karlgren de l’oiseau utilisé (pour la chasse) par les hommes et gardé dans la maison 广... 
Le composant du bas « oiseau »
fut rajouté de manière tautologique (redondante).

Posted by florent at 17:48:04 | Permanent Link | Comments (0) |
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