Friday 24 November 2006

Singapour

Ce blog est peu alimenté en ce moment, pour cause de déplacements très prenants (une semaine à Singapour puis deux à New York).

J'avais déjà fait deux billets sur Singapour : un sur des orchidées et des femmes fortes, un autre sur le "singlish"

Alors voici juste quelques photos de singapour quand même :

L'arrivée en avion au lever du soleil


Image attachée

Posted by florent at 08:17:34 | Permanent Link | Comments (1) |

Sunday 12 November 2006

Culture

Tiens, aujourd'hui, pour changer je vais poser une question :

 La culture déforme-t-elle l'homme ?

 

C'est une question qu'une belle soeur Wink a eu en dissertation, en Khâgne.

Beau sujet, non ?

Alors a vos claviers : trois lignes ou trois pages, comme vous voulez !

Posted by florent at 23:44:02 | Permanent Link | Comments (16) |

Tuesday 07 November 2006

Le dragon, le phoenix et la perle

Une jolie Histoire, pour laquelle je remercie Minh Quan :

Dans l’Antiquité, il y avait à l’Est de la cune grotte où habitait un Dragon de jade couleur d’argent, et à l’Ouest un bois touffu dans lequel se cachait un Phoenix d’or multicolore.
Ces deux voisins se rencontraient tous les matins à la sortie de leur maison. Un jour, l’un d’eux nageant dans l’eau, l’autre volant dans le ciel, ils arrivèrent sans s’en apercevoir à une île féerique. Par hasard, ils y découvrirent une pierre éblouissante. Le Phoenix d’or, très surpris, poussa un cri d’admiration :
- Comme elle est jolie !

Et le Dragon de jade, tout ravi, proposa à son ami :
- Tu veux qu’on la travaille en forme de perle ?
Ce dernier fut d’accord et ils se mirent à l’oeuvre. Le Dragon se servit de ses pattes et le Phoenix de son bec. Jour après jour, année après année, ils travaillèrent, et ce fut ainsi que peu à peu une perle brillante prit forme.

Le Phoenix puisa dans les monts féeriques de la rosée qu’il versa sur la perle ; le Dragon alla chercher de l’eau claire dans la Voie lactée et en arrosa le trésor ; peu à peu elle se mit à jeter des étincelles.
Depuis, le Dragon de jade et le Phoenix devinrent de bons amis, car une même passion pour la perle les unissait. N’ayant plus envie de retourner chez eux, ils décidèrent de s’installer sur l’île pour bien garder leur trésor jour et nuit.

C’était vraiment une perle précieuse. Dans tous les endroits touchés par les feux qu’elle jetait tout devenait verdoyant, les fleurs s’épanouissaient, les paysages devenaient lumineux et pittoresques et la moisson était abondante.

Un jour, la Reine Mère d’Occident, en se promenant hors de son Palais aperçut par hasard cette perle, et aussitôt la voilà fascinée. A la faveur de la nuit, elle fit voler ce trésor pendant que le Dragon et le Phoenix dormaient, puis elle cacha la perle au fond d’un Palais fabuleux, protégée par neuf portes à neuf serrures.
Le lendemain matin, à leur réveil, les deux animaux, ne trouvant plus leur trésor, furent très inquiets. Le Dragon de jade parcourut toutes les grottes sous la Voie lactée, et le Phoenix d’or fouilla en détail tous les coins du mont fantastique, mais sans arriver à la retrouver. Comme ils étaient tristes ! Désormais, ils passèrent leurs jours et leurs nuits à chercher leur trésor perdu.

Posted by florent at 13:14:12 | Permanent Link | Comments (0) |

Sunday 05 November 2006

Apprendre :學

人之為學有難易乎學之則難者亦易矣不學則易者亦難矣.

Est-ce difficile ou facile d'étudier ? Si l'on étudie, les difficultés deviennent faciles.

Si l'on n'étudie pas, ce qui est facile devient difficile.

le caractère "étudier" xue : un enfant (en bas) recoit des signes (croix en haut au centre)  transmis par deux mains

Posted by florent at 20:54:06 | Permanent Link | Comments (2) |

Fan Keh-Li : Le mot vide dans la langue chinoise classique 8/10

Ce livre des éditions You-Feng est une très bonne initiation à la langue ancienne, même pour quelqu'un qui comme moi n'a pas un très bon niveau de chinois moderne. Le texte est truffé de phrases anciennes, dont on reconnaît parfois les plus notoires (zhuangzi, anecdotes classiques très célèbres, Laozi...). L'auteur a enseigné à l'Inalco (langues'O) pendant une vingtaine d'années. Je lis ce livre avec lenteur et délectation. Ne l'ayant pas encore fini, je reviendrai commenter ou ferai un second billet.

On y parle de mots vides, c'est à dire de mots impossibles à employer hors d'une structure grammaticale. Des mots qui n'ont pas de sens en eux-mêmes. Le livre est publié en 1991, mais l'auteur prétend curieusement qu' « actuellement, aucun ouvrage français ou anglais ne traite des mots vides ». L'idée de mot vide serait discutable dans une approche occidentale de la langue classique chinoise, à moins qu'elle n'ait été que très peu étudiée en sinologie ou en linguistique jusqu'ici ?  

En tous cas les mots vides sont pour la plupart encore utilisés en langue moderne (白话baihua) : adverbes, prépositions, particules, conjonctions, mots exclamatifs. Seuls les pronoms étaient mots vides uniquement en langue classique (文言 : wen yan). On note que les spécificatifs ne sont pas des mots vides.

Le livre ne fournit que des caractères traditionnels ; j'utilise ici des caractères simplifiés en reprenant parfois en bleu les caractères traditionnels


Citations anciennes

Il y a beaucoup de proverbes, comme celui ci qui m'a amusé :

抛砖引玉     拋磚引玉

pao zhuan yin yu ;

« montrer un morceau de brique pour inciter les autres à sortir leur jade », autrement dit « débiter quelques banalités pour faire jaillir des idées brillantes ». Il s'applique si bien à un début de négociation !

On lit page 77 :

白马之白也无以异於白人之白也

« Nous disons qu'un cheval est blanc comme nous disons qu'un homme est  blanc. »

Cette phrase est présentée comme exemple d'un adjectif  employé comme un nom : ici 白bai signifie « la couleur blanche » plutôt que « blanc ».

Je crois y avoir reconnu l'un des arguments employés dans le développement de l'énoncé 白马非马 « bai ma fei ma »: un cheval blanc n'est pas un cheval, voir le premier et le second billet sur cette forme de sophisme chinois.

Ou encore cette phrase amusante en langage de cour :

願大王寬其罪使得畢其辭.

Je vous prie, majesté, de pardonner mon audace, mais laissez-moi finir ma phrase.

(la phrase dont je ne connais pas l'origine est citée p 99 pour montrer l'utilisation de 其 qi pour dire « je »)

Une autre phrase drôlement irrévérencieuse :

今恩足以及禽獸而功不至於百姓者獨何與.

Comment se fait-il que votre bienfaisance soit assez grande pour s'étendre aux oiseaux et aux quadrupèdes, et que vos sujets soient les seuls qui n'en ressentent pas les effets !  


Evolutions de sens

Posted by florent at 19:42:33 | Permanent Link | Comments (1) |

Ivresse

Une phrase ancienne dit que :

醉翁之意不在酒在乎山水之間也.

 

Les pensées du vieillard ivre ne sont pas dans le vin. Elles proviennent du centre des montagnes et des cours d’eau.

 

Posted by florent at 17:47:57 | Permanent Link | Comments (4) |

ChiLi Un homme bien sous tous rapports 6/10

Ce livre, c’est un peu la même histoire que la nouvelle récemment commentée de Moyan , celle d’un homme qui a donné sa vie pour l’édification de la société communiste, mais qui se retrouve licencié de son organisation, nu comme un vers.

Mais les ressemblances s’arrêtent là. Alors que Mo Yan entrait dans le burlesque pour son personnage, (qui trouve dans une vieille carcasse de bus l’idée qui redonne sens et humour à sa vie), Chi Li reste noire et sans espoir. Son livre parle de la misère masculine ; il en parle terriblement bien.Un homme bien sous tous rapports de Chi Li

 

L'homme, Bian Rong Da, perd son job à l’ « association des souffleurs de verre ». Il est âgé de 41 ans. Il est marié avec un fils, mais son mariage est raté à cause d’une subtile substitution entre deux sœurs jumelles au moment du mariage. La vie en couple est monotone ; l’épouse du héros est à la fois chétive et malade, et entrepreneuse. Elle a créé un réseau privé de librairies qui marche bien et suscite l’incompréhension de son mari.

 

Une jolie analyse des caractères du mariage hunyin est présentée en page 65 : dans on voit une femme à gauche et un esprit troublé à droite . Dans on voit une femme à gauche et un prisonnier à droite . L’auteur pose cette question intéressante : dans la chine antique, pourquoi montrer un prisonnier pour illustrer le mariage, alors que tout homme pouvait avoir ses « trois épouses et quatre concubines » ? L’auteur Chi li donne cette belle explication «  yin, cela représente un homme adulte 大人 dont la liberté est totalement encadrée par une femme. Et quand on cherche à expliquer le mot, on voit qu’il évoque un homme qui, avant d’avoir compris ce qui lui arrive, se retrouve avec une femme. » En restant modeste, je souhaiterais signaler que cette interprétation rejoint, me semble-t-il, la proposition que je faisais sur l’amour, projection dans un monde de vulnérabilité (voir aussi l’amour qui monte ou qui descend)

 

Totalement démuni ; Bian Rongda relit toute son existence, de l’exigence étouffante de son père paysan monté en ville à ses émois « hors mariage », en passant par tout son rapport au travail.

 
Posted by florent at 15:32:34 | Permanent Link | Comments (5) |