Saturday 08 December 2007

履历表 : un CV pour dire où l’on a traîné ses guêtres

En chinois, le CV s'écrit 履历表  et se dit lv3li4biao3

- Le premier caractère désigne d’abord une chaussure (et par extension marcher, suivre, réaliser). Il contient le composant du corps , deux composants de la marche (et ), et un composant (au milieu à droite, ressemblant un peu au bateau ) qui dessine une chaussure.

- Le second renvoie à l’histoire, à l’expérience. Il n’a pas dans sa forme simplifiée de composant sémantique. Plusieurs formes traditionnelles coexistaient avant la simplification.

- Le troisième signifie exprimer. Il est fait d’habits en dessous de poils . Cela désignait la partie extérieure d’un vêtement de fourrure, du côté des poils.

Ainsi, le CV en chinois 履历表 contient le dessin d’une chaussure et la partie extérieure d’une peau de bête. Amusant non ?




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Friday 02 February 2007

Internationalisation des entreprises chinoises

Voici un bon article d'Aldo Salvador, sur la base d'une publication d'HEC Eurasia institute avec les conseillers du commerce extérieur.

On y comprend mieux ce phénomène de grande ampleur aujourd'hui. Les grandes opérations (Lenovo, Cnooc, Thomson) sont analysées; les échecs sont signalés, ainsi que le rôle fort du parti aujourd'hui préjudiciable.

 
 
le monde vu de Chine
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Thursday 21 December 2006

Un travail de fourmi

Travaillons mieux à plusieurs ou  tout seul ? Question délicate ; tant le travail collectif est difficile à organiser efficacement.

 

La Harvard Business Review a publié un article sur la « swarn intelligence » (intelligence collective), c’est à dire sur la capacité d’ « essaims » à bien s’organiser. Les organisations adoptées par fourmis et abeilles peuvent être inspirantes pour améliorer nos organisations humaines.

 

Je tenterai de restituer quelques idées de l’article ; puis de les appliquer à l’apprentissage du chinois : apprenons nous mieux tout seul ou en groupe ?

 

Le monde des insectes est caractérisé par des comportement individuels simples, mais qui curieusement donnent lieu à des fonctionnements de groupes complexes. Par exemple, comment les fourmis trouvent elles le plus court chemin vers une source de nourriture ? Chaque fourmi qui s’éloigne de la fourmilière pour chercher de la nourriture laisse sur ses pas une trace d’hormone odoriférante, la  Pheromone. Arrivez vous à conclure de ce comportement simple pourquoi le groupe de fourmis est si performant ?

 
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Tuesday 22 August 2006

Erik Orsenna 棉 Voyage au pays du coton 4/10

Ce « petit précis de mondialisation » est construit sur une démarche originale : l’auteur s’intéresse à un morceau de tissu en coton, et cherche à en reconstituer la « filière » ; il entreprend un voyage autour du monde dans les pays impliqués : Mali, Etats Unis, Brésil, Egypte, Ouzbékistan, Chine, France.

Il obtient des entretiens grâce à ses titres officiels (M Orsenna est membre de l’académie Française, il est aussi Secrétaire d’état et président du Centre international de la mer). Et à travers ses impressions et discussions, il tente de démêler le tissu mondial du coton :

 « Pour comprendre les mondialisations, celles d’hier et celle d’aujourd’hui, rien ne vaut l’examen d’un morceau de tissu. Sans doute parce qu’il n’est fait que de fils et de liens, et des voyages de la navette. »  

Voici quelques passages qui m’ont intéressé :

 
Posted by florent at 23:34:49 | Permanent Link | Comments (3) |

Toile chinoise

Quelques chiffres :

  • 300 Milliards de SMS échangés par an
  • 30 000 policiers de l’internet chinois
  • 100 millions d’internautes
  • 30 millions de blogs .

C’est surtout le nombre de blogs qui me sidère. A la vitesse à laquelle je lis le chinois, il me faudrait dix vies pour les parcourir !

 

J’ai un peu le vertige , je sors prendre l’air…

 
Posted by florent at 23:21:06 | Permanent Link | Comments (0) |

Wednesday 17 May 2006

André Chieng La pratique de la Chine 6/10

D’une terrasse de café Rémois, quelques notes sur ce livre d’André Chieng, paru chez Grasset, que je viens de terminer (je confesse avoir du mal à avancer sur la très longue « pérégrination vers l’ouest »).  

André Chieng est chinois de France ; il a une longue expérience dans l’accompagnement d’entreprises françaises en Chine.

A l’origine, j’abordais ce livre avec méfiance, comme tout livre sur la conduite des affaires. Bien que confronté à ce sujet dans mon travail, je préfère lire sur la culture chinoise plutôt que sur les modes d’emploi du business au pays du milieu. Il n’y a dans ce blog que deux billets, assez maladroits d’ailleurs, sur les affaires (un sur la place de l’économie chinoise et un sur l’innovation des processus).  Mais j’ai voulu lire ce livre,
Posted by florent at 22:33:14 | Permanent Link | Comments (1) |

Wednesday 15 February 2006

David Payne : Confessions d’un Taoiste à Wall Street 5/10

C’est un pavé un peu « grand spectacle », écrit par un américain d’origine mi-chinoise.

Le livre raconte l’histoire d’un enfant métis d’un pilote américain venu faire la guerre dans les années 30 et d’une femme chinoise de bonne famille. L’enfant est placé dans un monastère Taoiste du Sichuan. Il y grandit, puis part vers New York à la recherche de son père et cherche à comprendre le fonctionnement de la bourse, à partir d’un jeu de mots entre Tao et Dow

 

 

Confrontation intéressante entre les visions chinoises et américaines. Les modèles chartistes de la bourse sont analysés sous un angle « candide taoïste » tout à fait rafraîchissant. La description de la vie d'immigré chinois à New York également, mais je conseille plutôt de garder ces 1118 pages pour cet été, quand le soleil tapera fort sur la plage.

J'en reprends la citation d'ouverture pour finir :

 

Surpassant cet art qui, selon vous, ajoute à la nature, existe un art que la nature façonne.

 

Shaekespeare, le conte d'hiver

Posted by florent at 17:29:41 | Permanent Link | Comments (0) |

Wednesday 21 December 2005

Chine puissance économique

Allez,

Un petit mot sur cette nouvelle qui déffraie la chronique depuis deux jours : la Chine a recalculé son PIB, et son économie passe à la quatrième place mondiale, doublant d'un coup France et Grande Bretagne.

Comment ? par une enquête gigantesque qui a duré un an et qui a mobilisé 13 millions de personnes (après la grande muraille et les barrages, les enquêtes !). Le PIB des services, qui était mal mesuré, passe ainsi de 36% à 41% de l'économie Chinoise (ce qui est encore peu)

Quelques commentaires très très rapides.

  1. La croissance Chinoise
  2. Les statistiques : exclusivité occidentale ?
  3. La place de la chine dans les relations internationale

 PIB Inde 2000-20050

  1. D'abord saluons la croissance de l'économie chinoise, qui dépassera celles des Etats Unis dans quelques décennies. Ni zhidao le ma ? (ne le saviez vous pas ?). La Chine a doublé sa production depuis 1999, elle dépassera cette année les Etats Unis comme premier fournisseur mondial dans les technologies de l'information (source OCDE)
  2. Ensuite notons la difficulté chronique à produire des statistiques dans l'empire du milieu, en raison de la taille du pays, du faible contrôle du gouvernement  central sur les provinces, et de facteurs culturels. Attardons nous sur ces facteurs qui sont le sujet de ce blog ! Depuis des millénaires l'autorité est absolue et menacante ; elle détient le mandat du ciel et il est impossible de la contrarier ou de lui faire perdre la face.  Ainsi sous l'empire un gouverneur de province, après s'être prosterné devant l'empereur, lui décrira comment sa province fleurit grâce aux bienfaits du fils du ciel, sans nullement mentionner les crues qui viennent de décimer sa région. Ensuite sous Mao, les rapports de récoltes mirobolantes affluent en 1958, alors que la famine emporte des millions de personnes. Enfin lors de l'épidémie de SARS, que j'ai vécu de Hong Kong il y a deux ans, le manque de transparence dans la publication des chiffres venait encore de cette réticence des provinces à parler de malheur aux structures centrales.

Il faut saluer les efforts considérables consentis en matière de statistiques, sous l'impulsion du gouvernement central qui en reconnait le besoin pour piloter l'économie (et accessoirement lever l'impôt), mais le temps de statistiques fiables à l'échelle du PIB national ne semble pas venu.

3. Dernier commentaire sur la légitimité chinoise dans les relations internationales : Allons nous pouvoir exclure longtemps la Chine du club des grands pays industrialisés ? Le G8 préfère-t-il garder son influence en accueillant les vraies grandes puissances, ou la perdre en refusant d'intégrer une nation qui n'est pas occidentale ?

Peut on imaginer que des conflits à venir comme l'accès aux ressources pétrolières soient correctement suivis au sein de groupes comme le G8, s'ils n'intègrent pas la 4e économie mondiale ?

J'en reviens toujours à la même question, cher lecteur :

Pourrions nous,  occidentaux, comprendre et accepter la différence de gens qui voient les choses autrement que nous ?

 

Posted by florent at 19:08:57 | Permanent Link | Comments (10) |

Saturday 17 December 2005

Jean Claude Peter : Longue Marche et grande muraille 4/10

La conduite des affaires en Chine, le sujet n'intéresse pas tout le monde

Mais il pose bien, de la manière dont il est abordé ici, l'influence culturelle sur les relations professionnelles et les modes de gestion.

Un exemple : la difficulté à tenir une comptabilité (pourquoi figer les choses alors qu'elles seront différentes demain ?) tient du fond Taoiste (puis Bouddhiste) sur l'impermanence des choses.

Un autre exemple : le prix de revient n'intègre pas toujours d'amortissements (une logique "cash" plutôt que comptable est appliquée aux investissements) ; ni de couts de main d'oeuvre, l'ère communiste ayant interdit d'affecter le cout de personnes à une production. Les salaires des ouvriers sont un cout fixe car les ouvriers sont là.

Toutefois, la plupart des pratiques et comportements décrits dans le livre me semblent en évolution, à un rythme fulgurant aujourd'hui. Ce livre permet de comprendre les origines de différences dont quelques unes, celles qui sont léguées par la vision communiste des affaires, seront bientôt en voie de disparition.

 

 

Posted by florent at 08:13:09 | Permanent Link | Comments (0) |

Tuesday 06 December 2005

Innover par le flou ?

Il y a quelques mois déjà, un article m’avait marqué dans la revue de McKinsey . Il posait la question de la capacité d’innovation de la Chine , en matière de processus industriels et achats. Je travaille dans ce milieu, où il est communément admis que la Chine n’est pas particulièrement créative. Elle est censée gagner en appliquant des modèles connus dans un environnement de coûts inférieur.

 

 

 

L’article se penchait sur la région de ChongQing (ville autonome proche du Sichuan), et analysait le fonctionnement d’un réseau de sous traitants automobiles.

公司图片

atelier de peinture de phares

 

 

 

Le secteur automobile, c’est en occident le nec plus ultra des processus industriels : un cœur de métier bien défini pour les marques, un niveau de qualité tenu au cheveu près, des sous-traitants marqués à la culotte par des expressions de besoins détaillées et des négociations de prix impitoyables. Rien à dire ; c’est comme cela qu’on gagne 3% sur les coûts d’achats chaque année.

 

 

 

Dans cet article, le tissu de sous traitants automobiles de ChongQing avait réussi à se développer très rapidement, par des gains de coûts hallucinants (de l’ordre d’une division par un facteur de 2 à 5 en 10 ans ; si je m’en souviens bien).

En cherchant à comprendre pourquoi, les auteurs de l’étude ont fait ressortir le fait que les spécifications étaient beaucoup plus lâches (« loose » en anglais) que leurs équivalents en occident. Le cahier des charges ne donnait que quelques indications générales, et c’était au fournisseur de se débrouiller avec. Le résultat était d’abord un travail collaboratif entre constructeur et sous-traitants plus riche , et plus créatif, mais surtout une autonomie laissée aux fournisseurs pour travailler entre eux à l’amélioration du produit. Avec un cahier des charges de 280 pages ; le sous traitant n’est qu’un exécutant ; il est pris dans un carcan, cloisonné dans sa case et l’innovation est impossible.

 

 

 

Un parallèle avec la notion de contrat s’impose : l’occidental souhaite signer un contrat ou tout est écrit et prévu. Après cela, roule galette. L'occidental est protégé car c’est signé. Le futur peut apporter toutes ses turpitudes, rien n’ébranlera pas le fondement du contrat. Alors que pour un chinois, le contrat est la déposition d’un intérêt commun, à un moment donné, compte tenu du rapport de force en vigueur à ce moment donné. Tout peut évoluer. Combien d’occidentaux ont été frustrés ou choqués par des revirements de partenaires, finissant par injurier ces « fourbes » chinois ?

 

 

 

Je retrouve ici un fonds taoiste : ce flou indéterminé dans lequel le changement est diffusément enfoui : le tao est a l’œuvre. Une phrase ancienne dit que « bai ma fei ma » : un cheval blanc n’est pas un cheval. (voir mon post sur un forum) Dès que je qualifie un objet par le langage catégoriel, je le dénature.

 

 

Accepter les évolutions sans vouloir figer les choses une fois pour toutes par le langage ou l’écrit, c’est avoir confiance en l’avenir et se donner les moyens de croître, en harmonie avec les changements naturels, comme le nageur de la cascade de Lu Liang (voir post)

 

 

Il n’y a qu’une chose qui ne change jamais, c’est le changement (Yiking)

 

Posted by florent at 18:35:12 | Permanent Link | Comments (9) |
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