Un homme de l'Ouest tente vainement de voir les choses comme on les voit à l'Est

Documentaires

2010 February 7
Posted by florent

Signalons ici deux excellents documentaires vus ce week-end :

Les photographes de Mao , un couple touchant dont les clichés ont fasciné la chine et le monde (voir un commentaire écrit)

Shanghai, en attendant le paradis, un merveilleux documentaire sur une famille populaire de la vieille ville de Shanghai. La proche destruction de leur vieille maison est source de discussions, disputes, réflexions sur la vie, le monde et la modernité. Voir le site de la réalisatrice Sylvie Levey. Magnifique reportage.

shanghai_en_attendant_le_paradis

Une série télévisée

2010 February 1
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Posted by florent

J’avais déjà posté sur ce blog une série télévisée qui se passait dans le shandong : divorce à la chinoise.

Celle que je regarde en ce moment est passionante sur la société chinoise d’aujourd’hui :  蜗居  woju (“logis d’escargot” , c’est à dire humble demeure)

Deux sœurs quittent leur petite ville natale et vivent leur vie (durement) à 江洲, une ville imaginaire qui est en réalité Shanghai (on reconnaît les paysages urbains) ; une cherche la réussite (symbolisée par l’achat du logement et d’une voiture) ; l’autre cherche l’amour (elle a un petit ami mais rencontre un homme marié, un fonctionnaire corrompu qui détruit les vieux logements et spécule).

J’en suis au 7e épisode et viendrai poster des commentaires au fur et à mesure

Quelqu’un l’a vu ?

S’aigrir pour des idées

2010 January 28
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Posted by florent

(am)usé par les aigreurs des universalistes qui, agacés par les résistances chinoises et l’inertie du pays, essaient de “tirer sur l’herbe pour la faire pousser”, j’ai composé cette petite adaptation à partir d’un hymne du cher Georges.

S’aigrir pour des idées, l’idée est excellente
Moi j’ai failli maigrir de ne l’avoir pas eu
Car tous ceux qui l’avaient, multitude accablante
En hurlant au régime me sont tombés dessus
Ils ont su me convaincre et mon verbe insolent
Abjurant ses erreurs, se rallie à leur foi
Avec un soupçon de réserve toutefois
M’aigrir pour des idées, d’accord, mais doucement,
D’accord, mais doucement

Jugeant qu’il n’y a pas péril en la demeure
Allons vers l’autre monde en flânant en chemin
Car, à forcer l’allure, il arrive qu’on pleure
Pour des idées n’ayant plus cours le lendemain
Or, s’il est une chose amère, bonnes gens,
En rendant l’âme à Dieu c’est bien de constater
Qu’on a fait fausse route, qu’on s’est trompé d’idée
M’aigrir pour des idées, d’accord, mais doucement
D’accord, mais doucement

Les universalistes, qui accablent la Chine
Le plus souvent, d’ailleurs, s’engraissent ici-bas.
Attendre que le pays, leur courbe bien l’échine,
C’est leur raison de vivre, c’est cela leur choux gras.
Dans leur belles certitudes, ils pensent intensément
Niant l’altérité, jouir de l’ubiquité
J’en conclus qu’ils doivent se dire, en aparté
“M’aigrir pour des idées, d’accord, mais doucement,
D’accord, mais doucement”

Des idées réclamant le vieux bouc émissaire
Le bouc montré du doigt, celui qui fait le mal :
« C’est d’la faute du Parti, monsieur le commissaire
Destituez moi çà, partons tous en cabale !
Je ne suis pas chinois, mais je suis convaincant,
Ne les écoutez pas, on ne sait pas s’ils pensent
Haro sur le baudet, tapons lui sur la panse ! »
S’aigrir pour des idées, d’accord, mais doucement,
D’accord. mais doucement.

Encor s’il suffisait de quelques négritudes
Pour qu’enfin on le prouve, qu’enfin cela se sache
Depuis tant d’impatiences, sous toutes latitudes
Démocratie enfin, même chez les apaches
Mais l’âge d’or sans cesse est remis aux calendes
Les droits ont toujours soif, n’en ont jamais assez
Et c’est l’aigreur, l’aigreur toujours recommencée
S’aigrir pour des idées, d’accord, mais doucement,
D’accord, mais doucement.

O vous, les boutefeux, ô vous les bons apôtres
Maigrissez les premiers, nous vous cédons le pas
Mais de grâce, morbleu! laissez vivre les autres!
Ils ont leurs intérêts, leurs valeurs ici bas
Car, enfin, la culture c’est nourrissant,
Pour s’y baigner il faut bien se jeter à l’eau.
Vos belles plaidoiries, c’est pour les tribunaux !
M’aigrir pour des idées, d’accord, mais doucement,
D’accord, mais doucement

Nationalisme chinois : rengaine satanique ou légitimes relevailles ?

2010 January 17
Posted by florent

nationalismeParlons de ce sujet qui me taraude sérieusement : le nationalisme chinois

Résumons le questionnement en deux points :

- Sait-on de quoi on parle quand on évoque le “nationalisme chinois”  (ou les nationalismes chinois) ?

- Celui-ci est il une aspiration légitime ou une dangereuse glissade ?

 J’ai beaucoup lu sur ces questions, avec beaucoup de frustrations sur des propos aussi virulents que peu convaincants.

Mes enfants à Kunming, au Yunnan

Mes enfants à Kunming, au Yunnan

Je m’appuierai sur deux documents que voici en lien :

- une longue et touffue discussion que j’ai lancée sur un forum avec le titre “qu’entend-on par nationalisme chinois?” (je n’en conseille pas la lecture ; ce billet de blog en fait la synthèse)

- un excellent article de Jean Pierre Cabestan dans la revue perspectives chinoises : les multiples facettes du nationalisme Chinois. (j’en conseille la lecture, et j’en ai publié un commentaire ici)

Mon plan sera le suivant :

  1. Explorer les notions de nationalisme telles qu’elles s’expriment en français, en anglais, et en chinois. En tirer une définition du nationalisme, mais aussi des anomalies, des ambiguïtés, des pièges qui sont sans doute la source de beaucoup d’incompréhensions.
  2. Tenter de positionner l’émergence de la nation dans l’histoire chinoise
  3. Risquer une formulation sur la peur que beaucoup d’Européens  nourissent vis-à-vis du nationalisme
  4. Qualifier les différents courants nationalistes chinois d’aujourd’hui.

 

Avant de parler de nationalisme chinois, autant s’entendre sur ce qu’est le nationalisme.

- Sait-on de quoi on parle quand on évoque le “nationalisme chinois”  (ou les nationalismes chinois) ?

Et là les réponses divergent.

Creusons en comparant différentes versions de wikipedia du nationalisme, en différentes langues (une démarche que j’avais trouvé intéressante pour étudier la notion de culture )

Vision Française

Encore mes enfants à Kunming, mais ils sont eux-mêmes cette fois...

Encore mes enfants à Kunming, mais ils sont eux-mêmes cette fois...

 Wikipedia en francais en fait une notion largement Européenne, qui se serait plus ou moins déployée dans d’autres pays. Mais l’article ne mentionne nullement la Chine, un des plus vieux états du monde.  On y lit cette phrase de Durkheim :

“Tout retour d’un nationalisme étroit a toujours pour conséquence un développement de l’esprit protectionniste, c’est-à-dire une tendance des peuples à s’isoler, économiquement et moralement, les uns des autres”

Si cette phrase est juste, autant oublier l’existence d’un nationalisme chinois. Peu de gens contesteront l’extraordinaire ouverture du pays depuis quelques décennies. Les chinois sont extraordinairement ouverts et curieux des choses de l’étranger. Il y a là deux phénomènes apparemment inconciliables .

Au XXe siècle, précédemment limité à l’Europe et aux États-Unis d’Amérique, le nationalisme s’étend dans les pays du Sud qui contestent l’assimilation des nationalistes du Nord qui les a conduit à être colonisés.

Selon wikipedia en Français, le nationalisme s’est développé au Nord et plus ou moins diffusé dans le Sud. Et la Chine Read more

Nationalisme chinois

2010 January 17
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Posted by florent
nationalisme-chinois

Manifestation avant les JO de Pékin à Seoul

Qu’est-ce que le nationalisme chinois ? Est-ce dangereux ?

Avant de faire un article plus personnel sur la question, je voudrais commenter ici un excellent article de Jean Pierre Cabestan dans la revue perspectives chinoises : les multiples facettes du nationalisme Chinois.

Nous avions déjà parlé de Jean Pierre Cabestan sur ce blog, en commentant un livre écrit avec Benoit Vermander sur la question Taiwanaise : la Chine en quête de ses frontières.

La première phrase me semble lumineuse :

“Si le nationalisme chinois, pour des raisons qui tiennent à l’histoire, est à bien des égards spécifique, il traduit depuis le début de l’époque contemporaine, c’est-à-dire la Guerre de l’Opium (1840), le profond sentiment d’insécurité des élites chinoises. “

(plus loin l’auteur pose le terme de 羞辱 : humiliation)

Dans cet article, M Cabestan distingue quatre formes de nationalisme chinois.

2 C’est d’abord un nationalisme officiel, inspiré par l’idéologie communiste et le souci du Parti communiste (PC) de maintenir son monopole sur la chose politique : celui-ci est synonyme en Chine de « patriotisme ».

1 C’est aussi un « nationalisme revanchard » et aux tendances racistes, diffusé au sein de la société par les segments les plus anti-étrangers des élites chinoises — la « nouvelle gauche » notamment — qui s’appuient sur Read more

Fermé pour cause de Repos

2010 January 15
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Posted by florent

C’est à déjeuner que j’ai pris cette photo :

 ferme

Nous sommes dans un restaurant au cadre rétro, tenu par un japonais et sa femme chinoise, dans le quartier jingan de shanghai.

Sur la pancarte que l’on voit de l’intérieur du restaurant, on voit écrit “fermé” en anglais et en chinois.

En chinois, les caractères sont 休息, binôme signifiant le repos.

(sur le premier caractère on voit un homme adossé à un arbre  : il se repose).

Le mot “repos” n’est il pas plus plaisant à lire, même s’il signifie la même chose, que le mot “fermé” ?

Pour les amateurs de poésie et de littérature

2010 January 14
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Posted by florent

liensVoici deux liens :

D’abord trois poèmes lus et commentés  par le grand François Cheng. Merveilleux.

(voir d’autres billets sur François Cheng)

Ensuite un très bon site de nouvelles chinoises contemporaines, publiées en bilingue Chinois-Français

Un petit flacon de nard fera sortir une jarre de vin

2010 January 14
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Posted by florent

Henri, un ami Wuhanais francophile, pose la question suivante sur un forum :

Que signifie l’expression suivante ?

« un petit flacon de nard fera sortir une jarre de vin »

Si vous connaissez la réponse, laissez un commentaire sans lire la suite.

Sinon, et si comme moi votre curiosité se trouve aiguillonnée par la question, vous allez sans doute googler l’expression, ce qui ne vous donnera pas grand chose.

Je l’ai fait et j’ai d’abord exploré la piste du flacon  de nard (ici le nard est un parfum, ailleurs c’est juste une herbe) que Marie Madeleine brise et répand sur la tête du Christ.

hypocras_1_Mais ce n’est sans doute pas la bonne source. On retrouve dans le livre IV d’Horace, poète romain qui naquit quelques décennies avant le Christ,  une phrase équivalente :

Un petit flacon de nard fera sortir une de ces amphores qui reposent maintenant dans les greniers de Suspicius, et qui ont la vertu de verser l’espérance à grands flots et de dissiper les amers soucis.

Si ces plaisirs te sourient, hâte toi d’accourir, ton flacon à la main.

Je ne prétends pas t’abreuver de mes vins, comme le riche possesseur d’une maison opulente,  sans rien obtenir en échange.

Hâte toi, et trève à l’avarice ; songe, tandis que tu le peux, au bûcher funèbre, et mêle à la sagesse un peu de folie : il est des moments où déraisonner est si doux !”

Joli passage, non ?

Le sens fait référence à ces vins épicés, dont on rehaussait le goût (depuis les romains jusqu’au moyen âge). On perd un petit peu de précieux épices, mais on gagne toute une amphore délicieusement parfumée…

Ce qui correspond très bien à la traduction chinoise que nous avait donné Henri :

抛砖引玉   = Perdre un peu pour gagner beaucoup

En sacrifiant un tout petit peu d’aromates, on peut rehausser toute une amphore de vin.

Etonnant que se perpétue parmi nos amis chinois francophiles une phrase vieille de deux mille ans, totalement tombée dans l’oubli en France !

Ne pas être ou être, voilà…

2010 January 10
Posted by florent

hamletA la demande de Woods, voici un billet sur la fameuse formule qu’Hamlet prononce pour exprimer son désarroi :

To be or not to be, that is the question

Whether ’tis nobler in the mind to suffer
The slings and arrows of outrageous fortune,
Or to take arms against a sea of troubles,
And by opposing end them?

Encore une phrase difficile à traduire en chinois, tout comme le Cogito de Descartes, en raison de l’abstraction particulière du verbe “être” qu’elle comporte.

Hihior me donne gentiment plusieurs traductions chinoises possibles de “to be or not to be” ; que j’essaie ici de retraduire en francais

名家名译
  笔者目前所收集到的名家名译如下:

Zhu shenghao :  
  朱生豪:生存还是毁灭,这是一个值得考虑的问题;La subsistance ou bien l’anéantissement, voilà une question méritant réflexion.

Liang Shiqiu :
  梁实秋:死后还是存在,还是不存在,——这是问题;Après la mort, vivre encore ou ne pas vivre ; c’est une question.

Cao Weifeng :
  曹未风:生存还是不生存:就是这个问题:Exister ou ne pas exister, voilà la question.

Sun Dayu :
  孙大雨:是生存还是消亡,问题的所在;Etre survivant ou disparaître, la question est là.

(je comprends mal la présence du premier caractère 是 de cette traduction)

Lin Wenji :
  林同济:存在,还是毁灭,就这问题了。Subsister, ou disparaître, c’est là la question.

Fang Ping
  方平:活着好,还是死了好,这是个难题啊:Vivre bien, ou se trouver bien après la mort, c’est une question difficile.

(une des meilleures traduction chinoises de la phrase à mes yeux ; mais elle est très difficile à retraduire en français)
Bian Zhilin

  卞之琳:活下去还是不活:这是问题 : Rester en vie ou ne pas le rester, c’est la question.

(on retrouve dans cette excellente traduction la formule 活下去, qui signifie littéralement “descendre la vie”)
Wang Zuoliang :

  王佐良:生或死,这就是问题所在。Vivre ou mourir, c’est bien là la question.
Xu Yuanchong :

  许渊冲:死还是不死,这是个问题。Mourir ou ne pas mourir, c’est une question.

(étonnant renversement de perspective, non ?)

Qiu Ke’an :
  裘克安:活着,还是不活了,问题就在这里:Etre en train de vivre, ou bien ne plus vivre, la question est celle-là.

Chen Guohua :
  陈国华:是生,还是死,问题就在这里:Etre vivant, ou mort, la question est celle-là.

Cette phrase, que les psychologues ont voulu voir comme exprimant la tragédie oedipienne et l’ambivalence des désirs, est vraiment difficile à traduire en chinois.  

On voit ici combien les traducteurs (tous chinois) ont dû s’éloigner du mot à mot pour tenter de restituer le sens de la phrase de Shakespeare !

Notons un point amusant : le mot souvent retenu pour traduire le “or” de “to be or not to be” est en chinois 还是, mot qui porte lui même le verbe être dans le second caractère (littéralement : 还是 = encore être = ou).

La traduction, délicat équilibre entre fidélité et intelligibilité

Cogito ergo …

2010 January 7
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Posted by florent

descartesMon chauffeur se passionne pour l’histoire ces temps ci. Il vient de finir un gros pavé sur l’empereur Qianlong 乾隆 des Qing, et se penche à présent sur l’histoire de France

Dans son livre j’ai retrouvé la fameuse formule de Descartes :

Je pense donc je suis

我思故我在

 

 

Regardons la traduction chinoise :

 

Le verbe ‘penser’ est traduit par .  C’est ce même caractère qu’on utilise en chinois pour parler du penseur de Rodin : 《沈思者》Remarquons que ce caractère représente (en bas) un coeur, comme la majorité des mots liés à la pensée en chinois (voir un billet sur ce point)

 

La déduction ‘donc’ est donnée par ; un terme peu usuel dans ce sens en chinois moderne. La préposition de déduction la plus courante est suo3 yi3 (所以) ou bien yin1 ci3 (因此).

Dans 故, le composant de gauche donne le son (’gu’) et le composant de droite, qui signifie ‘frapper’, donne le sens. On retrouve ce caractère dans 故事 qui signifie l’histoire ou dans 故意 qui signifie ‘faire exprès’ (littéralement ‘déduction-intention’).

 

Mais c’est surtout la traduction du ‘suis’ qui est intéressante :

Le verbe être est difficile à traduire en chinois. En chinois moderne on retrouve le plus souvent pour signifier ‘être’. 

Ce caractère  représente un soleil 日 au dessus d’un composant qui est une déformation du composant 正 signifiant rectitude. L’étymologiste Karlgren l’analyse ainsi : quelquechose qui est montré comme droit, exact 正 à la lumière du soleil 日.

Ainsi, signifie plus ‘être juste’ que ‘être’. Quand on veut répondre ’c'est juste!’ à une question, on peut dire tout simplement

(d’autres étymologistes rattachent le caractère au composant 早 qui signifie ’tôt’ (on voit un soleil qui se lève)

Le verbe retenu pour traduire le cogito n’est pas 是 mais 在, qui représente d’abord une localisation (comme signifié par la terre 土). 在 est à la fois une préposition de localisation et un verbe.  在 ce n’est pas ‘être’, mais ‘être quelquepart’ (si le quelquepart n’est pas précisé après le caractère, c’est tout simplement ’être là’ )
le bol est sur la table    桌子上
Papa est à Canton       爸爸广州
 Maman est là               妈妈
D’un point de vue étymologique, il est difficile de trouver un verbe en chinois ancien qui corresponde à notre verbe être, dans sa richesse sémantique impliquant une notion d’essence, de nature. Les débats philosophiques font rage entre linguistes pour savoir si le verbe ‘être’ a un équivalent en chinois classique.

Beaucoup de phrases chinoises se passent tout simplement du verbe être :

我高 : je grand
你愤 : tu colère
他老 : il vieux

Ainsi, on a pas trouvé mieux comme traduction en chinois que

我思故我在

Je pense donc je suis là

 

Descartes serait il d’accord ?